C’est tout ce que j’ai à déclarer, Brautigan

Des polaroids parfois un peu passés
D’un temps qui n’est plus
ils ont passé un peu vite.

C’est exactement ce que nous offre Brautigan :
La vision d’un monde plein d’espoir qui se réveille dans la réalité.
Ce matin là l’amour s’est barré
Les fleurs ont fanées.

Le rêveur a vieilli.

Il reste le souvenir de burger flower,
De livres en graines,
Des nuits à façonner des recueils de poésie.
C’est peut-être la plus belle vie qu’on peut s’offrir ? 

J’ai adoré me glisser entre les pages de cet album de vie énorme paru au Castor Astral.
C’est beau de suivre l’évolution de son écriture d’un recueil à l’autre. C’est pour ça que j’aime les intégrales 😉
Gouter les mots bruts (VO) d’un poète très direct.

On est la tête la première dans l’espoir fou de la vie,
La certitude de créer quelque chose,
La brutalité de l’amour temporaire,
Le tragicopathétique d’un fond de bouteille un jeudi soir.
la vie en vrai.
la sienne autant que la notre.

Tout dans ce gros volume est agréable, (tout)
Très aéré,  on circule clairement entre les fragments, les poèmes, les tranches de vie. La réponse VO/VF fonctionne, je n’ai pas lu la traduction en détail (pour changer…) mais ce que j’ai lu était vraiment juste. Calibré.
Le Castor nous offre un volume exceptionnel, humble mais parfait médiateur pour ces textes.

 

Boo, Forever

Spinning like a ghost
on the bottom of a
top,
I’m haunted by all
the space that I
will live without
you.

La rencontre (dans ma librairie habituelle)

Le rayon poésie est « caché » quand on entre on doit contourner un mur,
se retourner. 
Se fixer. Passer de la pointe des pieds au raz du sol.
J’aime la difficulté de trouver son prochain amour dans ce recoin.
Celui-ci était trop haut (je suis petite)
Imposant sur un bord d’étagère, s’excusant un peu d’être là.
Je ne pouvais pas le laisser regarder comme ça par la verrière alors qu’il avait tant à dire !

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