Mangés par la terre, Clotilde Escalle

La province comme sphère anxiogène,
                   fermée
où chacun est sous surveillance des autres et de leurs ragots.
L’ennui est total.
Omniprésent.
Etouffant.

Le pire, c’est la désorientation. Il n’y a pas d’histoire possible, rien n’adviendra, nous le savons, nous tous qui vivons sous ce ciel poisseux aux belle éclaircies.

 

 

Chacun ayant un avis précis sur la vie des autres.
Surtout sur celle des filles.

Toutes ces jeunes femmes qui doivent gérer le regard des hommes, qui les désirent et/ou les abusent — les autres femmes qui décident de leur place (ou absence de place) dans la communauté.
Alors quand un moyen de sortir de là se présente on le suit,
Quelqu’il soit,
                         aussi fantasque soit-il.
Bien sûr on reconnait nos rêves d’enfant, l’envie fantoche d’ouest américain et d’amour fou.

La société laissant faire les maltraitances sur elles,
admises
évidentes
mais tues.

Je l’ai lu au coeur de la nuit.
Ce n’était pas une très bonne idée :
Le texte est fort, au plus profond du quotidien de ce groupe humain.
Des vrais gens, imparfaits et souvent méchants, bas.
Ce livre est assez anxiogène… peut-être trop vrai.

Mes mots sont tordus. Depuis leurs convulsions, ils abattent toutes les sentinelles.

Paru aux éditions du sonneur — 2017 — blog de Clotilde Escalle

2 commentaires sur “Mangés par la terre, Clotilde Escalle

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