Pourquoi j’aime Grimbol ?

Justin Grimbol est, avec Jerry Wilson, un des secrets les mieux gardés de l’Amérique. Vous allez découvrir un secret, un trésor qui brille dans le noir — et ce n’est pas du toc, croyez-moi. C’est du 200 carats. Au moins.

C’est ainsi que Sébastien Doubinsky en parle.

C’est tentant !

Quand à moi, je ne sais rien des secrets de l’Amérique : je lis peu de littérature US (à mon grand regret, mais les journées, 24h tout ça).

Ce qui est sûr c’est que ma première lecture « équivaut à se prendre un train en pleine face » (Gwen Catala). Quand j’ai dévoré Drinking until Morning tout concordait.

Mon amour du livre est lié (fortement) à notre rencontre (comme dans toute histoire d’amour).
Un début de printemps glacial, levée à l’aube pour une journée de cours qui me laissait de marbre (oh joie des conférenciers qui s’aiment trop pour ne pas s’écouter parler).
Je n’avais pas envie,
j’avais envie de rien,
j’étais crevée,
encore sur la lancée de la semaine marathon qui avait précédé ce vendredi morose.

En arrivant (après 45 minutes de bus bondé), café à la main, casque sur les oreilles et regard vide (avec le pur style qui va avec) je suis tombée sur le volume qui « trainait » dans-sur-dehors-mais-presque-dedans la bibliothèque de l’association culturelle de ma fac (non mais on range, j’vous jure, des fois). Décidant que nos besoins de compagnie mutuels concordaient le voici parti pour une matinée de « mais l’important c’est de VENDRE. Arrêtez de vous remplir la tete de littérature : le développement personnel avec des bandeaux rouge c’est le must »…

À 9h j’étais définitivement partie dériver avec Grimboli entre un quotidien glauque, des nuits empêchant toute productivité matinale, des amours aléatoires et des copains bas du front.
La peur qui est la mienne de me retrouver dans ce cul-de-sac existentiel que je connais bien pour voir nombre d’amis s’y engouffrer, retrouve les angoisses de ce narrateur au point mort (ou presque). Il est rassurant de pouvoir accompagner quelqu’un dans le gouffre de l’ennui, de relever les yeux et d’avoir quelque chose d’urgent à faire.

Quel meilleur moyen de retrouver l’énergie de prendre la route ? D’aller voir ailleurs ?

(comment ça ma transition est téléphonée ??)

Le deuxième ouvrage que j’ai lu de Justin Grimbol est Minivan Poems : amour d’un véhicule devenu fraternel à force de le côtoyé.

Encore une fois,
               ma voiture aussi « se caressait les phares » et jaugeait mes « invités ».
Elle aussi avait son avis sur mon régime alimentaire et mes destinations.

(et en plus il sort demain chez Gwen Catala Editeur,
La vie est bien faite 😉 )

Toujours dans un équilibre improbable entre un banal crasse et des fulgurances le rendant « observable ». Cette écriture fait (re)sortir ce qu’on ne verrait pas autrement : les mille petits détails/habitudes/défauts qui font que le monde est vivable.

Je crois que c’est ce qui me touche vraiment.

(et j’ai un amour fou
Pour la couverture de
Drinking chez GwenCatalaEditeur)

D’ailleurs un mot sur les bouquins : ils sont disponible en version bilingue
Traduits par Jean-Yves Cotté

Un extrait de Minivan Poems est paru dans Babel Heureuse 3

 

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